16 mars 2007

L'American Dream est un piège à cons

Bien longtemps que je n'écris plus rien du tout, plusieurs raisons : d'abord technique, puisque j'ai trouvé intéressant de tester la résistance sur plaque de verglas commune un matin d'exposé de mon tout-nouveau-tout-beau MacBook (résultat très décevant), et puis ensuite parce que ben, le deuxième semestre, faut pas raconter de bobards, c'est beaucoup moins groovy. T'es plus là à t'émerveiller sur la machine à smoothies et au contraire tu commences à regretter à mort plein de détails insignifiants de ta vie en France (le fromage, la crème brûlée, la vie des petits quartiers parisiens, les soirées en terasse à discuter en sirotant des cocktails, des villes qui ressemblent à quelque chose, l'odeur des boulangeries, les guignols à la télé, le bruit des cigales les après-midi d'été, quand ta mère a fait une tarte aux fraises, ton frère qui arrive déguisé en soldat de la seconde guerre mondiale et qui t'explique son plan d'invasion de la cuisine par la porte ouest...).
On ne parlera pas de déception, ni de désillusion, mais de la sensation d'avoir largement profité d'un pays magnifique et impressionnant, mais où je ne me verrais pas vivre. Incompatibilité de caractère on dira. Le modèle américain, c'est bien, à condition d'évoluer dans un monde à la Sex & the City, un monde avec du fric et de la reconnaissance sociale. Alors là, oui, t'en profites.FLAG Mais le reste du temps, il n'est pas rare de voir des personnes plus qu'âgées porter vos courses au supermarché ou d'autres cumuler plusieurs jobs pour joindre les deux bouts. Et les gens trouvent ça normal ici. Autre exemple plein de concrétude, j'ai une note de $ 1070 (payée par l'assurance, merci mon Dieu) pour une visite  à domicile d'un médecin alors que j'avais une méga crève cette semaine. Et les gens trouvent ça normal ici. Alors qu'en France, j'aurais payé dans les 5 $ de tiers payant et basta... ça c'est un truc qu'ils ne disent pas dans les séries que sans argent, tu fais rien aux Etats-Unis. Et puis ya rien à faire quand t'en parles avec eux, c'est ancré ce principe débile de liberté à l'extrême et cette idée simpliste que tout le monde peut y arriver. C'est clair que j'ai croisé pas mal de potentiels Rockfeller dans les quartiers blacks pauvres d'Atlanta... qui pensent-ils tromper, hein ? L'idée d'égalité des chances a encore très peu de crédit ici, et ce climat du struggle for life, et ben, euh, très peu pour moi.

Posté par auree à 20:10 - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur L'American Dream est un piège à cons

    Conclusion...

    Vive Marie-George!

    Posté par Camille, 17 mars 2007 à 16:51 | | Répondre
  • Aurélia, j'adore ce billet. J'ai exactement le même ressenti que toi en ce moment et j'ai vécu les mêmes choses (à part que mon frère n'est jamais venu à ma rencontre déguisé en soldat de la seconde guerre mondiale pour m'expliquer son plan d'invasion de la cuisine par la porte ouest). J'ai vraiment eu de la peine plusieurs fois au supermarché quand c'était une vieille dame (caissière, certes) qui me demandait si je voulais qu'elle porte mes sacs jusqu'à ma voiture. Quel comble! En plus je n'ai pas de voiture.
    C'est fou comme maintenant je me permets de critiquer leur fonctionnement alors qu'au premier semestre je trouvais tout merveilleux.

    Posté par Marlène, 18 mars 2007 à 00:17 | | Répondre
  • C'est confirme, Aurelia retourne a la vie! Elle a repris du poil de la bete, la petite blonde. En en pratique ce matin, elle s'est levee -presque- a 8h pour aller au consulat pour faire sa procuration!
    et moi aussi m'enervent ces americains....

    Posté par Lucie, 22 mars 2007 à 10:50 | | Répondre
  • Ben qu'est ce qu'il se passe les framéricaines?

    Personnellement je me demande comme vous aviez pu tirer un portrait si idéal de ce pays qui est pourtant fortement critiqué ! (surtout de la part d'une analyste ultra-connue comme Aurélia :p).
    Voilà que d'un coup (de blues), ça change?!
    Comme ils disent dans Lost: "Touché!"

    H.

    Posté par Hadrien, 03 avril 2007 à 16:44 | | Répondre
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